Mon séjour à l’hôpital

IMG_3546

Photo retrouvée dans mon téléphone. Je ne me rappelle pourtant pas du tout l’avoir prise.

Les premiers jours je les ai passé aux soins intensifs, je ne me rappelle que peu de choses.

Des tubes, des fils partout. L’impossibilité de pouvoir parler, bouger. L’impression d’être dans un horrible cauchemar. Toujours aucunes larmes, aucunes réactions. Un robot.

L’une des premières choses que j’ai demandé à mon mari en me réveillant c’est si il avait récupérer les courses que nous devions nous faire livrer.

Ces choses si futiles lors de ce genre d’instant avait toute leur importance. C’était comme pour m’accrocher à la vie réelle. Pour essayer de sortir de ce cauchemar.

Heureusement, assez rapidement l’on me ôte la majorité de mes tubes et files. Difficile les premiers jours de m’exprimer ce qui n’a pas aidé à parler de mes ressentis.

Même quand j’étais seule, je ne me laisse pas aller. C’était comme si je n’étais plus dans mon corps. Que j’étais au dessus de moi et que j’étais spectatrice de ce qui se passais.

Une fois stabilisé je suis sortie des soins intensifs pour les soins continues de la maternité.

Une fois transféré l’on m’a proposé de voir ma fille, ce que j’ai accepté à condition que mon mari soit la.

C’est là que les choses se complique. Le timing entre mon mari, les médecins, mes soins et la morgue font que ça ne joue jamais pour que je la vois. A ce moment là je baisse vite les bras.

Personne ne s’en inquiète vraiment et moi je ne réagis pas. Je laisse tomber… Trop difficile pour moi à ce moment d’insister pour la voir.

Mon mari s’occupe lui seul entièrement des obsèques de Maïlyss, je lui en laisse la responsabilité car je n’en ai pas la force et que je sens qu’il en a besoin.

Il m’informe au fur et à mesure de ce qu’il va se passer. Elle est maintenant à La Chapelle. Je ne l’ai toujours pas vu et ne le pourrait plus.

Une pedo-psychiatre insiste pour que je la vois, mais c’est maintenant trop tard. Je lui dis que je ne veux pas. Mais au fond bien sûr que j’aurais voulu. Se manque de timing me pèse.

Ça me pèse chaque jours en peu plus. Ne l’avoir jamais vu, ne pas lui avoir dit au revoir. Ne l’avoir jamais pris dans les bras, n’avoir jamais tenue sa main. Ne pas réellement savoir à quoi elle ressemble.

Encore une fois avoir la sensation d’avoir été une mauvaise mère pour elle. Ne pas avoir fait ce qu’il faut une fois de plus.

Les jours passent et toujours rien. Pas de réactions de ma part. Pas de sanglot. Rien.

Je ne réalise pas vraiment je crois. J’ai peur que si je me laisse aller je n’arrive plus à m’arrêter. Comme si réagir c’était accepter la situation. Comme si faire comme si de rien était aller changer cette fatalité.

Je me remets gentillement. De plus en plus de facilité à rester assise au bord du lit, puis à me tenir debout et finalement à remarcher.

Je peux dès lors avoir une chambre pour la fin de mon séjour.

Voici venue le jour de son enterrement, malheureusement ma santé ne me permets pas d’y aller et à ce moment-là je n’ai pas la force ni physique ni psychique pour lui dire au revoir.

Cet au revoir qui aujourd’hui me manque. L’impression que sans cet au revoir, son absence est encore plus difficile.

Parce qu’avoir retenue tous mes sentiments aujourd’hui m’handicape et rendent les choses tellement plus compliqué.

La vie en plus de m’avoir pris ma fille, m’a empêché de vivre mon chagrin. L’instinct de survie ayant été plus fort chez moi.

Mon hospitalisation prend fin. Le retour à la maison approche…

Soulagée et en même temps très inquiète.

Claire. L

Publicités